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Jean Fontaine nommé personnalité du mois par Le Bulletin des agriculteurs
Originalement paru dans Le Bulletin des agriculteurs en juin 2026 et rédigé par Marie-Claude Poulin, journaliste et rédactrice en chef.
Le visionnaire
Jean Fontaine est issu d’une famille agricole et a effectué des études en agronomie à l’Université Laval. «Pendant mes études, j’étais vendeur pour mon frère qui avait une compagnie de médicaments. J’étais au téléphone jusqu’à 9-10h le soir avec des vétérinaires. Pendant la relâche, j’allais visiter les cliniques du Québec et de l’Est du Canada. J’ai eu beaucoup de plaisir avec ce monde-là», raconte-t-il.
«Un agent d’immeuble voit ses clients une ou deux fois dans leur vie, en agriculture, on voit les gens souvent. On développe de belles relations d’amitié», ajoute-t-il. En 1981, lors d’un voyage en France, il fait une rencontre marquante. De fil en aiguille, il devient importateur de bicarbonate de soude granulaire (bénéfique au rumen des vaches). Ingrédient qu’il revend aux fabricants d’aliments pour animaux. Jefo était né.
«J’ai eu ce talent-là de connaître des gens à travers le monde. Je ne parlais pas bien anglais, mais je faisais des blagues, il faut savoir s’amuser et se faire des amis, c’est la richesse de la vie», dit-il. D’autres ingrédients se sont ajoutés à l’offre de Jefo à travers les années. Si bien que l’entreprise s’est taillé une belle place dans le monde de la nutrition animale, et ce, dans plus de 80 pays à travers la planète.
«On a tous la même ambition de faire des productions agricoles les plus rentables possible, puis être en affaires longtemps. Une majorité de compagnies américaines (80%) meurent avec le président. Moi, j’ai sept enfants et j’en ai trois d’impliqués avec moi. Les clients disent c’est l’fun faire affaire avec vous, car il y a de la relève. L’agriculture ne peut pas mourir, car on doit manger», indique-t-il.
Au fil du temps, l’entreprise a bâti sa marque. «En 1988-1989, on a découvert la technologie de l’enrobage qu’on appelle la Jefo Matrix Technology (JMT). En 1992, j’ai commencé à mettre Jefo sur mes sacs, souligne-t-il. Souvent, je fais rire les gens en disant que Jefo est une petite start-up. Parce que la vision que j’ai est audacieuse. Mon plus grand objectif est de contrôler et de moduler la flore bactérienne des animaux. Amener les vitamines, les minéraux, les enzymes à l’endroit où ils seront absorbés.»
Ceci est possible grâce à la recherche et l’audace. «Il faut oser imaginer, oser croire à son intuition et surtout la suivre, croit-il. Combien de fois je me suis fait dire : ça ne marchera pas, tu es fou… Les nouveautés qu’on vient de créer vont nous forcer à faire plusieurs usines à travers le monde.»
À l’âge de 68 ans, Jean Fontaine a toujours aussi soif d’avancer et d’apprendre. Il a récemment suivi une formation à Harvard pour parfaire ses connaissances. «J’ai fait des affaires par instinct, sans formation en administration, dit-il. Je veux apprendre ce qui est enseigné aux jeunes qui partent en affaires.»
Livre: Think and grow rich (Réfléchissez et devenez riche) de Napoleon Hill, un auteur américain de développement personnel. «J’aime tout ce qui nous amène à nous surpasser. J’écoute beaucoup de podcasts. J’ai vu des conférences de Tony Robbins. J’ai un appétit sans fin pour apprendre.»
Inspiration: «Tous les gens qui ont réussi, qui ont le feu sacré m’inspirent. J’aime les gens qui ont du courage, qui regardent leurs patterns, qui prennent des risques calculés, qui ont un appétit d’apprendre et d’évoluer. Mes employés m’inspirent. J’ai du monde positif autour. Les négatifs, ils ne restent pas, car ça ne colle pas avec nous.»
Passe-temps: «Voyager, il me reste 13 voyages avant Noël, dont cinq outre-mer. C’est pour le travail, mais aussi pour voir les amis. Un pays qui m’intrigue beaucoup est la Chine, comment ça se développe. C’est un bouillonnement.»
Distinction: Doctorat honoris causa en science vétérinaire de l’Université de Montréal. Commandeur de l’ordre du mérite agronomique de l’Ordre des agronomes du Québec. Jefo fait partie du palmarès des sociétés les mieux gérées au Canada.
Vision de l’agriculture: «Les changements qui s’en viennent vont être impressionnants avec l’intelligence artificielle. Il ne faut pas avoir peur du changement. L’I.A. va nous aider à nous surpasser.»