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La santé hépatique, pilier de la performance reproductive et laitière

Article originalement paru dans la revue agricole La Terre de Chez Nous.
Rédigé par Oswal Villalobos, agr., PH. D., expert ruminants chez Jefo.

La période de transition et le début de la lactation représentent des phases critiques pour la vache laitière, car ses besoins en glucose pour la production, l’immunité et la reproduction dépassent souvent ses apports alimentaires. Cela entraîne une mobilisation importante des réserves corporelles de graisse, augmentant le risque d’acétonémie et de stéatose hépatique (« foie gras »). Un foie en surcharge compromet le métabolisme énergétique, la fertilité et la résistance immunitaire – trois piliers clés de la performance du troupeau.

Le foie : un organe central souvent négligé 

Le foie joue un rôle essentiel dans la conversion des nutriments en énergie, la détoxification et la synthèse de composés nécessaires à la reproduction. Lorsqu’il est fragilisé, on observe rapidement une baisse d’ingestion, une chute de la production laitière, des troubles de la reproduction et une hausse des maladies métaboliques. Chez les vaches laitières canadiennes, le taux de gestation moyen (18 %) et le taux de conception (40 %) témoignent encore de ces défis persistants (Denis-Robichaud et al., 2016). 

Optimiser la santé hépatique grâce à une nutrition de précision devient donc un levier incontournable pour améliorer la performance et la longévité des vaches laitières.  

Méthionine, choline, bétaïne et vitamines B : une synergie métabolique 

La méthionine, la choline, la bétaïne et les vitamines du complexe B agissent en synergie pour soutenir la fonction hépatique et reproductive :  

  • Méthionine : fournit des groupements méthyles nécessaires à la synthèse des protéines et à la régénération cellulaire.
  • Choline : facilite l’exportation des lipides hépatiques sous forme de VLDL, prévenant leur accumulation dans le foie.
  • Bétaïne : agit comme donneur de méthyles et régulateur osmotique, protégeant les cellules contre le stress.
  • Vitamines B (B9, B12, B6, B2) :  contribuent à l’efficacité de la production énergétique, à la synthèse des protéines et au métabolisme des graisses, soutenant ainsi la performance et la santé globale de l’animal.

Sous leur forme non protégée, ces nutriments subissent une forte dégradation ruminale qui réduit leur disponibilité intestinale et leur efficacité. Grâce à une technologie de microencapsulation, leur libération contrôlée dans l’intestin assure une absorption optimale et un effet physiologique durable. Des études internes et d'autres révisés par des pairs, démontrent également qu’un apport équilibré en ces nutriments sous forme protégée soutient la fonction du foie, réduit l’incidence du foie gras et améliore la reproduction.

Des bénéfices démontrés par la recherche  

Une méta-analyse publiée sur Open Journal of Animal Science a démontré qu’une supplémentation combinant vitamines B protégées et choline améliore significativement la santé hépatique et reproductive des vaches en transition : 

  • +30 % de taux de gestation à 100 jours en lait
  • +13 % de taux de conception
  • -22 % de mammites et -27 % de métrites
  • -40 % de cas d’acétonémie (BHBA > 1,2 mmol/L) 

Les analyses nutrigénomiques ont également révélé qu’une expression accrue de gènes clés associés à une meilleure qualité ovocytaire et à une ovulation plus précoce (RGS2, INHBA et FOLR2), tandis que les gènes SELL, TRD, IL1B, MUC5B sont liés à une meilleure survie embryonnaire. 

Effet des vitamines B protégées ou du traitement par injection sur les transcrits différemment exprimés codant pour des marqueurs impliqués dans la qualité ovocytaire (validés par qRT-PCR).

Ces résultats confirment qu’une approche nutritionnelle ciblée influence l’expression des gènes liés à la reproduction, transformant la santé cellulaire en performance mesurable.

Un impact direct sur la rentabilité et le bien-être du troupeau 

Un foie en santé optimise la mobilisation énergétique, la production laitière et la fertilité. Au-delà des gains zootechniques, cette approche améliore le bien-être animal et la rentabilité des exploitations. Une étude de Ferguson (2003) a d’ailleurs estimé qu’une amélioration de 15 à 20 % du taux de gestation pourrait représenter une rentabilité supplémentaire de 150 à 200 $ par vache. 

La santé hépatique n’est donc pas qu’un enjeu métabolique : c’est un levier central pour une reproduction efficace, une lactation durable et un troupeau plus résilient. 

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