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Jersey vs. Holstein : pourquoi cette différence compte pour la nutrition et la performance

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Et si l’on pouvait produire davantage avec moins ? C’est sans doute l’une des nombreuses raisons pour lesquelles la race Jersey continue de gagner en popularité et représente aujourd’hui environ 9 % du cheptel laitier aux États-Unis. Leur plus petite taille, combinée à un ensemble de caractéristiques de performance remarquables, en fait un atout précieux et attractif pour les exploitations laitières à travers le pays.

Il est important de comprendre en quoi cette race laitière en pleine croissance se distingue du grand nombre de Holstein, en particulier pendant la période de transition. Connaître ces différences permet aux producteurs de les gérer comme les animaux uniques qu’elles sont. Lorsque nous travaillons avec la race Jersey, notre équipe se concentre sur trois principaux axes de différenciation :

  1. La consommation et la digestion de la ration
  2. Le métabolisme énergétique
  3. La santé

1) Consommation et digestion de la ration

Pendant la période de transition, une diminution de la consommation alimentaire avant le vêlage est observée chez toutes les races, ce qui augmente le risque de maladies métaboliques. Cependant, nous avons constaté que les Jerseys ont tendance à garder une consommation de matière sèche plus élevée après le vêlage, relativement à leur poids corporel. Une autre différence par rapport aux Holsteins est que les Jerseys répartissent davantage leurs repas sur une période de 24 heures. Cela contribue à prévenir les troubles métaboliques en créant un environnement ruminal plus stable.

Vaches Jersey en stabulation intérieure, alimentées au foin, illustrant une gestion nutritionnelle en élevage laitier.

Elles passent également plus de temps à ruminer par unité de matière sèche consommée, ce qui favorise aussi le maintien d’un pH ruminal stable. L’augmentation du temps de mastication réduit la taille des particules des aliments et du contenu digestif, ce qui améliore la digestibilité des fibres. Ainsi, les Jerseys convertissent les aliments de façon extrêmement efficace comparativement à d’autres races, ce qui leur permet d’extraire davantage d’énergie de la ration, même avec une consommation totale plus faible. Des études scientifiques montrent que pour produire la même quantité de protéines, de matière grasse du lait et d’autres solides, les vaches Jersey nécessitent 32 % moins d’eau, utilisent 11 % moins de terres et 21 % moins de combustibles fossiles, tout en générant moins de déchets que les Holsteins. Comme elles utilisent plus efficacement l’énergie de leur alimentation, cela correspond à un verre de lait de Jersey qui contiendrait 18 % de plus de protéines, 29 % de plus de matière grasse et 20 % de plus de calcium qu’un verre de lait de Holstein.

Conseils et solutions :

  • Augmenter la fréquence des repoussages de l’aliment afin d’éviter les auges vides et de répondre à la tendance des vaches Jersey à consommer leur ration tout au long des 24 heures.
  • Réaliser des audits de RTM afin de réduire le tri et les variations dans l’aliment, car les Jerseys sont réputées pour leur capacité à trier les rations.

2) Métabolisme énergétique

Comme mentionné précédemment, les Jerseys sont plus petites que les Holsteins. Il existe donc un risque de compétition à l’auge lorsqu’elles sont logées avec des Holsteins. Il a toutefois été observé que, malgré leur petite taille, les Jerseys sont généralement plus affirmées et bien équilibrées, ce qui signifie qu’elles sont souvent parmi les premières à accéder à l’aliment.

Jeune vache laitière allongée dans l’herbe près d’un chemin rural, illustrant le bien-être animal en production laitière.

Lors de la réflexion sur l’organisation des logements, il est également important de tenir compte du fait que les Jerseys atteignent la maturité plus rapidement que les autres races. Cela crée un risque de surpoids si elles reçoivent une alimentation trop énergétique. Ce phénomène est fréquemment observé lorsque des Jerseys sont élevées avec des Holsteins du même âge, car ces dernières ont besoin de plus d’énergie pour atteindre leur potentiel génétique. Si la même ration à haute densité énergétique est distribuée à des Jerseys et à des Holsteins du même âge, les Jerseys ont tendance à devenir en surpoids. Pour remédier à cette situation, Jersey Canada recommande de loger les Jerseys avec des Hosteins plus âgées d’environ trois mois. Cette pratique correspond davantage aux besoins alimentaires des génisses à cet âge et contribue à limiter une prise de poids excessive.

Toujours en lien avec la prise de poids, lors de l’évaluation de l’état corporel autour de la période de transition, il est important de tenir compte du fait que les Jerseys répartissent leur réserves de graisse différemment des Holsteins. Elles ont notamment tendance à accumuler davantage de graisse au niveau de l’attache de la queue. Ainsi, lors de l’utilisation du système traditionnel d’évaluation de l’état corporel sur 5 points, il est essentiel de bien connaître cette particularité afin d’interpréter correctement l’état corporel entre la période pré- et post-vêlage.

Conseils et solutions :

  • Assurer une densité de peuplement adéquate (pas plus de 80 %) et un bon confort des vaches dans les enclos de pré-vêlage, tant à l’auge qu’au niveau des logettes, et/ou constituer des groupes selon l’état corporel, le stade de lactation, etc.
  • Apporter davantage de nutriments soutenant les voies du métabolisme énergétique (cycle de Krebs), notamment des coenzymes, sous forme de vitamines du complexe B rumino-protégées. Par exemple, un essai réalisé chez des vaches Jersey en période de pré-vêlage a montré que les vaches recevant un mélange protégé de vitamines B et de choline avant le vêlage ont produit en moyenne 1,6 kg/jour (3,5 lb/jour) en plus jusqu’à 120 jour en lait (JEL).
  • Si plusieurs races doivent être logées ensemble, envisager d’héberger les Jerseys avec des Holsteins plus âgées d’environ trois mois, afin de compenser leur maturité plus précoce et de limiter une prise de poids excessive.

3) Santé

Les Jerseys présentent également certaines particularités qui influencent positivement leur santé. Par exemple, leur plus petite taille et leurs sabots noirs très résistants les rendent moins sujettes aux dermatites digitées et aux problèmes de boiterie. Une autre différence biologique entre les Holsteins et les Jerseys est que ces dernières ont un pH ruminal naturellement plus élevé. De ce fait, elles présentent moins de réactions inflammatoires et tolèrent généralement mieux l’acidose, tout en récupérant plus facilement que les Holsteins.

Deux génisses Jersey curieuses près d’une clôture, dans un pâturage vert avec d’autres vaches laitières à l’arrière-plan.

À l’inverse, les Jerseys possèdent moins de récepteurs de vitamine D dans l’intestin, ce qui les rend trois fois plus susceptibles de développer une fièvre de lait que les Holsteins. Il est donc essentiel de mettre en place un programme de pré-vêlage adapté afin de prévenir l’hypocalcémie et de comprendre que les Jerseys peuvent nécessiter des protocoles de préparation au vêlage différents de ceux des Holsteins.

Enfin, même si les Jerseys connaissent généralement un bilan énergétique négatif moins marqué que les Holsteins, il demeure important pour les éleveurs d’y porter une attention particulière afin de s’assurer que les vaches traversent correctement la période de vêlage et débutent leur lactation dans de bonnes conditions.

Conseils et solutions :

  • Surveiller le statut BACA de vos vaches en mesurant le pH urinaire. Chez les vaches Jersey en période de pré-vêlage, le pH urinaire idéal se situe entre 5,8 et 6,2 (comparativement à 6,2 et 6,7 chez les Holsteins). Si ces valeurs ne peuvent pas être atteintes avec votre ration actuelle de pré-vêlage, plusieurs stratégies favorisant la mobilisation du calcium peuvent être envisagés, notamment l’utilisation de sels anioniques.
  • Favoriser la production de glucose (source d’énergie) afin de réduire l’impact du bilan énergétique négatif et de l’affaiblissement du système immunitaire. De nombreuses solutions nutritionnelles existent, notamment la supplémentation en choline protégée, en vitamines du complexe B et en acides aminés.

Conclusion

Comme le montre cet article, les Jerseys ne sont pas simplement de petites Holstein ! Les connaissances actuelles sur cette race indiquent qu’elles possèdent des besoins spécifiques et des défis nutritionnels différents, dont il faut tenir en compte lors de la formulation des rations. Davantage de recherches spécifiques à la race seront nécessaires afin de s’assurer que le nombre croissant de vaches Jersey aux États-Unis continue de bénéficier des soins adaptés à leur particularités.

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