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Explorez le potentiel d’une supplémentation élevée en protéase

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Cet article a été publié dans Asian Agribiz et rédigé par Glenmer Tactacan, Akaradet Seemacharoensri, Danielle Marie Estacio et Derek Detzler, membres de l’équipe des services techniques chez Jefo Nutrition.

Protéases : de la digestion à la santé intestinale

Les protéases bénéficient d’une feuille de route longue et éprouvée dans les stratégies d’alimentation animale. Couramment, elles sont reconnues pour leur capacité à libérer davantage de nutriments de l’aliment, en hydrolisant les protéines complexes en acides aminés et en peptides facilement absorbables, ce qui pour avantage d’améliorer l’efficacité alimentaire et les performances zootechniques. Pendant de nombreuses années, ce bénéfice nutritionnel fondamental a suffi à lui seul à assurer leur place dans la formulation des aliments.

Cependant, des recherches plus récentes ont démontré que l’impact des protéases va bien au-delà de la simple digestion. Lorsqu’elles sont supplémentées à des niveaux plus élevés, elles interagissent directement avec l’écosystème intestinal, influençant l’équilibre microbien, l’intégrité de l’intestin et la capacité de l’animal à faire face au stress. Cette compréhension élargie marque un changement de perspective : on ne considère plus les protéases uniquement comme des agents améliorant la digestibilité, mais comme des outils multifonctionnels contribuant à la gestion de la santé intestinale. 

Rendre la vie plus difficile aux agents pathogènes

Les agents pathogènes utilisent des structures protéiques spécialisées qui leur permettent de se déplacer dans l’intestin et de s’attacher aux tissus intestinaux.

Parmi celles-ci, on retrouve les flagelles et les fimbriae, qui peuvent être ciblés par les protéases. Les flagelles, par exemple, fonctionnent comme des fouets, propulsant les bactéries dans le tractus intestinal (Figure 1). En dégradant ces structures, les protéases limitent la mobilité bactérienne et réduisent l’inflammation déclenchée lorsque le système immunitaire les détecte. 

De la même façon, plusieurs souches d’Escherichia coli utilisent des fimbriae pour s’ancrer à la paroi intestinale. Il a été démontré qu’une supplémentation élevée en protéase perturbe ces structures d’adhésion, diminuant ainsi la capacité du pathogène à coloniser l’intestin et à provoquer une infection (Figure 2). En pratique, cela se traduit par moins de cas de diarrhée chez les jeunes animaux et par une réduction des dommages causés par les pathogènes intestinaux chez la volaille et les porcs. 

Les agents pathogènes se protègent également en formant des biofilms, des matrices protéiques denses et adhésives qui résistent aux déventes immunitaires. Les protéases peuvent dégrader cette couche protectrice, exposant ainsi des bactéries qui seraient autrement très difficiles à éliminer. En démantelant ces mécanismes de défense, les protéases contribuent à rétablir l’équilibre dans l’intestin, au détriment des microorganismes nuisibles et au bénéfice de l’animal.

Réduire la fermentation nuisible dans le gros intestin

Les protéines sont censées être digérées et absorbées dans l’intestin grêle. Toutefois, une partie des protéines non digérées peut atteindre le gros intestin. À cet endroit, elles servent de substrat aux bactéries protéolytiques, qui les dégradent par fermentation et génèrent divers sous-produits toxiques, notamment l’ammoniac, les amines, les phénols et les indoles. Ces composés nuisent au bon fonctionnement intestinal, déclenchent de l’inflammation et réduisent les performances animales. L’utilisation de protéases à dose élevée permet de limiter ce phénomène en améliorant la digestion des protéines plus tôt dans le tractus digestif. Avec moins de substrat disponible dans le gros intestin, les microorganismes protéolytiques nuisibles comme Escherichia coli et Clostridium perfringens perdent leur avantage compétitif (Figure 3). À mesure que leurs populations diminuent, les fermentations potentiellement toxiques reculent et les concentrations de métabolites délétères chutent également (Figure 4). Ce nouvel équilibre microbien favorise un meilleur fonctionnement intestinal en situation de stress, soutient l’absorption des nutriments et améliore l’équilibre global du microbiote.  

Soutenir la barrière intestinale

L’intestin est bien plus qu’un simple organe digestif : il constitue une barrière essentielle qui protège l’animal contre les agents pathogènes, les toxines et divers facteurs de stress. Un élément clé de cette défense est la couche de mucus intestinal, qui agit à la fois comme bouclier protecteur et comme réservoir nutritif favorisant le développement des microorganismes bénéfiques. Il a été démontré que la supplémentation en protéase stimule la production d’un mucus plus épais et plus résistant, renforçant ainsi ces mécanismes de défense tout en préservant les nutriments. Comme cette couche de mucus est continuellement renouvelée, les protéines qu’elle contient, riches en acides aminés tels que la thréonine et la sérine, sont réabsorbées. L’animal peut ainsi recycler des ressources précieuses et maintenir ses performances, même dans des conditions difficiles. 

Au-delà de l’amélioration de la qualité du mucus, les protéases contribuent également à renforcer la barrière cellulaire intestinale. Les recherches indiquent que la supplémentation favorise des jonctions plus étroites entre les cellules intestinales grâce à une augmentation de l’expression des protéines de jonction serrée (Figure 5). En consolidant ces « scellés » moléculaires, les protéases aident à prévenir le phénomène « d’intestin perméable », où des agents pathogènes ou des toxines peuvent passer dans la circulation sanguine. En combinant une couche de mucus plus robuste et des jonctions serrées renforcées, les protéases protègent l’intégrité intestinale, réduisent le risque d’inflammation systémique et contribuent directement à la santé et à la résilience des animaux. 

Prochaines étapes

Au cours des dernières années, la compréhension du rôle des protéases a évolué de façon marquée. Autrefois, perçues uniquement comme des outils nutritionnels, elles sont maintenant reconnues comme des alliées multifonctionnelles favorisant la digestion, soutenant la santé intestinale et aidant les animaux à mieux composer avec les défis de la production moderne. Le concept de « superdosage » des protéases, soit une supplémentation à des niveaux supérieurs à ceux conventionnellement utilisés pour améliorer la digestion, reflète cette vision élargie. À ces doses plus élevées, les protéases agissent au-delà des simples mécanismes d’absorption des nutriments dans l’intestin et influencent directement l’environnement microbien et immunitaire de l’animal. À mesure que la recherche continue de préciser les effets dose-dépendants des protéases selon les espèces, la précision de leur dosage et de leur application représentera le prochain jalon de performance. Les producteurs et les nutritionnistes peuvent s’attendre à des recommandations de plus en plus ciblées, permettant d’optimiser à la fois l’efficacité alimentaire et la santé intestinale.

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